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DOUBLE FACE NOUVELLE DE SCIENCE-FICTION

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Posted by on janvier 19, 2016

DOUBLE FACE

NOUVELLE DE SCIENCE-FICTION

Réalisée au 1er semestre de l’année scolaire 2010-2011

Par 17 élèves de 2de du groupe « Littérature et Société » de Mmes Delmas et Marchand

Lycée Voltaire, Orléans

Depuis toujours, Yvan aimait la nature ; mais aujourd'hui les nombreuses promenades qu’il faisait autrefois avec sa mère lui semblaient bien loin. La nature, il la trouvait à la fois triste par sa beauté et grande par sa force subtile. Mais cette force ne faisait point le poids contre cet acharnement absurde que l'Homme lui portait. Yvan aimait les inventions folles, et, depuis sa plus tendre enfance, il voulait être chercheur en sciences ; mais sa mère s'y opposait. Elle rêvait pour lui d’un avenir autre que la science : l'entreprise familiale qui s'était spécialisée dans l’armement connaissait un franc succès et elle souhaitait qu’Yvan, qui était l’aîné, reprenne les affaires courantes.

Malheureusement Yvan n'avait pas le sens des affaires et avait radicalement changé ses habitudes : les promenades en forêt se faisaient rares, il préférait s’empiffrer comme un abruti d'énormes paquets de chips à la tomate devant le poste de télévision ou la console de jeu pour oublier ses boutons d’acné. Cependant son intelligence ne se modifiait en rien. Lui, il proposait les idées novatrices et le reste de sa famille concrétisait ses projets. Arrivé à sa majorité, il quitta sa famille afin de poursuivre ses études en biologie. A 21 ans, après plusieurs mois passés à faire ses études, il avait exploré différents domaines dont la neurologie humaine et l'informatique qui étaient devenues ses spécialités.

Un soir, alors qu’il se sentait seul en rentrant des cours, il alluma sa télévision, des images horribles lui apparurent : sur un bateau une dizaine d'hommes armés de harpons menaçaient une pauvre baleine agonisante. Pris de fureur en entendant les gémissements de l'animal, il poussa un cri de rage. Une suite de possibilités perverses lui vint. La principale, sauver le monde animal et la nature. Sur ces pensées il alla se coucher tout en réfléchissant. Le lendemain, après une longue nuit à ressasser sans cesses les multiples idées qui lui étaient venues à l'esprit, il se leva pour partir en cours. Arrivé à sa fac de sciences, il s'empressa d'avertir ses amis fidèles pour leur raconter l'horreur qu'un homme pouvait infliger à un simple animal : « Peut-on différencier un blanc d'un noir? Non! Peut-on faire la différence entre un homme et une femme? Non! Alors pourquoi faisons-nous une différence entre l'Homme et l'animal? » Yvan était devenu un savant fou qui ne cherchait que la destruction, un personnage instable, émotif ; pour lui la Terre était d'une telle beauté qu'il ne comprenait pas pourquoi les hommes la détruisaient.

La nuit suivante, Yvan se réveilla en sursaut, haletant ; il se leva et d'un regard vague, il regarda son réveil qui marquait 10:30. Une fois de plus, il était en retard en cours. Il devait se dépêcher. Après une demi-heure passée dans les transports, il s'arrêta net. Une idée lui avait traversé l'esprit. D'un sourire satisfait, il ramassa son sac par terre, tourna les talons et rentra chez lui. Il vivait dans un petit appartement. Il arriva, essoufflé, et ouvrit la porte avec précipitation. Il déposa son sac sur la table qui était à l'entrée. Il se dirigea vers la cuisine et prit quelque chose à grignoter. Il alla dans son bureau et alluma son PC. Il fit des recherches pour créer une bombe et il suivit les protocoles indiqués pour créer une arme biologique ne tuant que les hommes et épargnant les autres espèces le temps que la Terre respire...

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Les gens se figèrent d'effroi : sur les panneaux publicitaires, sur les écrans télévisés, partout où il était possible de faire passer une information, apparaissait un message qui emplissait les gens de frayeur. En grosses lettres capitales on pouvait lire « JE VOUS INFORME QUE DANS MOINS DE 48 HEURES VOUS SEREZ TOUS...MORTS ! VOUS DETRUISEZ DE JOUR EN JOUR DE PLUS EN PLUS LA PLANETE ET JE NE PEUX VOUS LAISSER CONTINUER A NUIRE AU BIEN-ETRE D'ESPECES QUI N'Y SONT POUR RIEN. C'EST POUR CELA QUE J'AI DECIDE DE TOUS VOUS EXTERMINER. » Les gens commencèrent à se bousculer dans les rues, des cris de terreur leur échappaient. Les forces militaires se mobilisèrent dans les douze heures qui suivirent Des galeries avaient été prévues, il y avait déjà quelques années, en cas de catastrophe naturelle. Evidemment, ce n'en était pas une mais, dans ce cas d'extrême urgence, il était bien sûr logique d'utiliser cette option de survie.

Au moment de la contamination les médias et les gouvernements alertèrent la population à l'échelle mondiale et dirigèrent des centaines de milliers de personnes vers ces abris souterrains. Il y en avait dans tous les coins de la Terre : Moscou, Paris, Mexico, Dakar, Washington... C’étaient d’énormes galeries construites par les forces militaires des USA avec des provisions en eau de plusieurs milliers de mètres cubes. La nourriture, concentrée et prête à consommer, était conditionnée dans des pastilles de nutriments capables de suffire à des millions de gens pendant deux ans ; il y avait aussi entre autres des mini- galeries qui conservaient des graines de toutes les espèces végétales connues. Les galeries étaient accessibles depuis le métro par des portes secrètes.

Les hommes se trouvaient donc dans des grottes sous forme de galeries, qui étaient éclairées par des lampes incrustées dans les murs. Les murs étaient blancs pour mieux profiter de la précieuse lumière. Ils avaient découvert sous terre des poches de gaz naturel. Pour se chauffer ils avaient installé des containers pouvant stocker la chaleur que dégageait le noyau de la terre. Pour s'hydrater et pour la toilette, Gang-Du, un jeune homme brun, petit mais très intelligent de 35 ans qui avait un fort accent japonais, avait mis en place un système de filtration de l'eau. L'argent ne circulait plus dans ce milieu mais les échanges se faisaient sous forme de trocs, certains pouvant aider les autres en leur proposant leurs services selon leurs compétences.

Il n'y avait pas de repères dans le temps car le peu de survivants dans ce monde n'avaient pas évolué dans des critères temporels du fait que la société s’était réfugiée sous terre. Il n'y avait pas de soleil, pas de saisons, ni d'heure. C'était l'anarchie : tout le monde faisait comme bon lui semblait, sauf pour la nourriture, car ils s’étaient mis d'accord pour leur rationnement en nourriture pour en avoir suffisamment pour deux ans d'existence sous terre. Ils n'avaient plus de moyens de communications, plus d'objets sophistiqués et leurs tenues vestimentaires, très abîmées, correspondaient à celles des personnes du XXIème siècle.

Les survivants n'avaient rien gardé du monde extérieur à part des séquelles et un énorme traumatisme psychologique lié à la contamination à grande échelle. Ils ne se lavaient plus. Toutes les tâches quotidiennes de la vie courante étaient devenues difficiles. Leurs séquelles étaient dues au fait qu'ils avaient vu, impuissants, leurs proches s'éteindre, leurs biens disparaître devant leurs yeux.

Un groupe de jeunes survivants se connaissaient déjà à l'époque de la vie sur terre puisqu'ils étaient dans la même université. Ils avaient réussi à se retrouver sous terre. Seul Howard qui était le grand-père d'Yvan, ne faisait pas partie de la bande d'amis mais il était devenu, au fil du temps, l'un des leurs parce qu'il accueillait les amis de son petit-fils lorsqu'ils venaient faire du camping dans sa propriété. Howard était veuf et il rouspétait beaucoup à cause de son sale caractère. Il ne quittait jamais sa canne en bois et sa pipe.

Il était nostalgique de sa vie passée sur terre. Pour faire passer le temps à ses camarades, il leur remémorait les bons souvenirs de la vie d'avant. A force, les autres héros commençaient à regretter amèrement la vie sur terre et décidèrent malgré tout de trouver une solution pour pouvoir à nouveau vivre sur la planète. Ils décidèrent donc de trouver qui était le coupable de la contamination et de savoir pourquoi il avait commis cet acte effroyable.

Un jour, sous terre, alors qu’on entendait inexplicablement des chants d’oiseau qui rendaient tout le groupe nostalgique, Howard et ses compagnons étaient assis en tailleur ; le vieil homme leur racontait sa jeunesse sur Terre pour faire passer le temps et se remémorer de bons souvenirs.

« - Howard, tu peux nous raconter encore une fois ton enfance, quand nous étions encore sur Terre ? » demanda Jodie. Jody Vendredy était une jeune fille de 21 ans née à Stockholm, intelligente et réservée. Elle était assez grande et mince, brune aux cheveux bouclés, aux yeux verts. Elle était en couple avec Justin Bridou qui lui était né en Normandie ; il était très gentil mais aussi très naïf, il croyait tout ce qu'on lui disait.

Howard leur adressa un léger sourire et entama le récit d'une de ses parties de pêche en mer. Le vieil homme raconta avec beaucoup d'émotion et de passion le moment où il avait réussi à attraper un énorme poisson de 1,20 m de long et qui pesait 26 kg, alors qu'il n'avait que 8 ans.

Les jeunes étaient émerveillés face à cet exploit. Ils se rappelaient chacun leur vie et leurs souvenirs avant la catastrophe. Mais Ryan avait du mal à apprécier cet instant ; c’était un jeune homme musclé de 24 ans né au Maroc à Casablanca un 12 Octobre. C'était un grand brun aux yeux bleus assez intelligent mais très machiste. Tout à coup, une lueur de haine s'empara des yeux de Ryan car dans son regard, on pouvait apercevoir sa rage envers les dirigeants du monde passé et extérieur qui avaient déclenché cette contamination à échelle mondiale. Ce personnage replongea dans le peu de souvenirs joyeux qu'il avait du monde civilisé qu'il avait connus, comme les fêtes dans les boîtes de nuits où il s'était amusé, son quotidien dans la technologie, le confort, les machines ; tout cela avait animé sa vie malgré la superficialité de ces choses qui n’étaient pas nécessaires à la vie de l'homme. Cette période n'avait été qu'inconscience à la vraie vie car tout ce que la société poussait à consommer n'était pas important ; au contraire : cela détournait des vraies questions sur la vie. La pensée de Ryan était très mature : il était à la fois satisfait de la vie souterraine qu'il menait et perturbé. Toute la situation le poussait à une grande réflexion. Cette discussion autour du feu où chaque personnage exposait ces idées et ses ressentis était un moment précieux et rare, car les héros sont de nature réservée, et par souci de sécurité, ils n'étalent pas leurs faiblesses.

Yvan, lui, dont personne ne savait qu’il était le coupable, était anxieux car sa folie et sa soif de science l'avaient mené à cette vie souterraine. Mais à la fois, il était rassuré que le reste du groupe ne se doute pas qu'il était le génie machiavélique inventeur de la destruction de l'humanité. Cet homme était imprégné de remords, pour les morts qui avaient été victimes de sa science.

Quant à Sandy Quilaud, top model de 19 ans, très grande, mince, aux cheveux longs raides, métisse, aux yeux bleu ciel, elle était née à Francfort ; elle n'était pas très futée, chochotte et pleurnicharde : elle se plaignait tout le temps. C’était une fille présente physiquement mais absente intellectuellement car elle se préoccupait surtout du dernier tube de rouge à lèvres qui lui restait. Elle préférait utiliser les rations d'eau pour son entretien corporel que pour s'hydrater. Ses yeux attachaient une importance à la beauté des choses. Les autres la mettaient à l'écart pour ce manque de conscience.

Le groupe était donc autour du feu, et chacun racontait un épisode de sa vie : une anecdote ou un exploit personnel. Le tour de Gang-Du était venu. Il raconta que sur terre lorsqu'il était étudiant, il avait réussi à créer un élément vivant simplement à partir de plusieurs compositions chimiques. Quand Gang-Du eut fini de parler il se rendit compte que tout le monde était ahuri, stupéfait.

Il s'inquiéta :

«  -Je vous assure, c'est la vérité! dit-il d'un ton convaincu.

-Mais pourquoi tu ne nous l'as pas dit plus tôt? s'exclama Howard avec une rage non dissimulée.

-Parce que c'est du passé, je n'en voyais pas l'utilité...

-Mais c'est extraordinaire! Tu pourrais nous aider! Réfléchis, si tu es capable de recréer une bactérie vivante à partir de plusieurs éléments chimiques, tu pourrais peut-être recréer aussi une bactérie qui pourrait rendre la vie sur terre à nouveau possible! dit Richard.

-Je ne sais pas, il m'a fallu du temps et aussi beaucoup de chance je l'avoue. Et puis je n'ai pas les produits nécessaires pour cela! dit Gang-Du d'un air gêné.

- Peu importe, tu vas nous aider et nous aussi on va t'aider. Il ne serait peut-être pas impossible de recréer ton labo et de retrouver des produits.

-Pas la peine, fit Gang-Du, certaines bactéries finissent par mourir au fil du temps...Peut-être que celle qui a contaminé notre planète va finir pas mourir aussi. Nous devrions remonter sur terre pour prélever un échantillon. C'est la seule chose que nous puissions faire et qui serait vraiment utile.

-Non! Vous ne pouvez pas faire ça! S'exclama Yvan, c'est beaucoup trop dangereux!

- Moi, je suis d'accord! cria Sandy. On a besoin de retourner sur la terre, on sait même pas si la vie est encore impossible! Et puis j'ai besoin d'un nouveau rouge à lèvres, le mien est fini...

- Bon très bien, céda Yvan, mais je tiens à ce que ce soit moi qui vous emmène. J'ai fait des études de spéléologie, ça pourrait vous être utile... »

Yvan avait l'air suspect, trop sûr de lui, on avait l'impression qu'il disposait de plus d'informations que ses compagnons, mais personne n'osait le contrarier. L'idée de retourner sur terre les réjouissait tous. Tout le monde était motivé, prêt à affronter le danger si besoin. Ils s'organisèrent comme ils pouvaient pour remonter à la surface. Justin Bridou et Jody Vendredy restèrent, eux, dans le campement au cas où tout le monde périrait dans cette expédition.

Au cours de leur périple, ils rencontrèrent de nombreux d'obstacles. Howard qui était le plus âgé d'entre tous avait beaucoup de mal à suivre le rythme de ses compagnons plus jeunes, mais le seul espoir de revoir la terre sur laquelle il était né, lui suffisait pour tenir le coup. Il commençait à avoir des doutes sur son petit-fils Yvan, il l'emmenait dans des recoins que tous ignoraient. Au bout de plusieurs jours de marche très éprouvants, ils arrivèrent dans une grotte qui semblait aménagée. Tous se demandèrent où Yvan les emmenait. Lorsqu'ils pénétrèrent dans cette grotte, Howard eut une révélation :

« -Yvan, mon petit, tu te souviens du jour où notre chien est mort?

Yvan s'arrêta, pris de stupeur tout à coup. Mais il ne dit rien, il se contenta de répondre :

-Oui.

-Qui es tu? demanda Howard soudain très inquiet, car il n’avait jamais eu de chien et n’avait posé cette question que parce qu’il avait des doutes sur l’identité d’Yvan, même si la ressemblance physique était parfaite. »

C'est alors qu'ils entendirent un bruit étrange derrière eux. Tous se retournèrent et furent pris d'une telle terreur qu'ils étaient pétrifiés. Un autre Yvan, le vrai, se trouvait devant eux, dans une cage, les bras liés, gémissant de joie. Howard se retourna doucement, regardant l'imposteur avec terreur.

« Qui je suis? Demanda Yvan l'imposteur, d'un ton sadique. Qui je suis? Je suis votre fin. » Et il s’échappa en poussant des cris d’oiseau.

Le vrai Yvan expliqua alors tout à ses compagnons : l'imposteur, de son vrai nom Vladimir, savait pertinemment que s'il se séparait d’Howard, celui-ci constituerait quand même une menace pour lui et attirerait des doutes sur son imposture. Il l’avait donc gardé avec lui jusqu’à la révélation finale : né dans la campagne russe, fils d’Helmut et d’Elena Poudingue, il était orphelin de père depuis l'âge de trois ans. A 28 ans, c’était aujourd’hui un savant chauve et fou. C'est lui qui avait créé la bombe. Le pauvre Yvan, porté disparu à cause de la contamination sur terre, avait été sa victime et son otage. Tout le monde avait cru à son décès et le savant fou à l'origine de cette contamination en avait profité pour prendre son identité en procédant à de multiples reconstitutions faciales. Ainsi il était entré dans un double jeu pour continuer sa «mission» sous terre, afin d'exterminer entièrement la race humaine.

Tous retournèrent alors au campement pour s’occuper d’Yvan et décider de la suite de leurs expéditions. Mais leurs ennuis n’étaient pas finis ! Deux jours plus tard, Sandy découvrit un corps inanimé et marqué de lésions sûrement dues à une violente altercation. Cette femme fragile vit ce corps gisant au sol blanc qui devint écarlate avec le sang du défunt. Elle poussa un cri strident et alerta Ryan qui accourut vers elle pour voir ce qui se passait. Tous deux décidèrent de réunir les autres afin d'en parler mais au bout du compte, Ryan profita de l'absence de lois pour avouer que c'était lui l'auteur du crime. Il raconta : «  Je l'ai vu voler mes rations d'eau quotidiennes ; j'ai essayé de l'en dissuader par la parole mais il m'a rétorqué que de toute façon nous étions tous condamnés et qu’il ne pouvait plus vivre ainsi. Il a essayé de se suicider. Je l'ai saisi et il m'a répondu par un coup au visage. Nous nous sommes donc battus. Durant cet épisode, sa tête a heurté le sol qui lui a fracassé le crâne. » 

Il s'agissait de Justin Bridou, le compagnon de Jody qui, en état de stupeur, se remémora tous les moments passés avec son petit ami, les projets qu'ils avaient en tête même si la vie souterraine les avaient contraints à y renoncer, ce qui ne les empêchait pas d'être heureux car ils étaient amoureux. Une larme humecta sa joue et Jody se dirigea, seule, vers l'espace que Justin et elle s'étaient aménagé ensemble...

Les survivants étaient de plus en plus pessimistes en voyant leurs compagnons d'infortune mourir devant eux, pleurer, se lamenter, d'autant plus que le manque de sommeil, d'hygiène, de repères, les poussait à la violence. Pour résumer, la vie sous Terre ne se passait pas mieux que sur Terre avant l'explosion. La tension et les privations rendaient les gens fous, et Gang-Du souffrait de tout cela et entendait de plus en plus souvent des chants d’oiseau qui lui faisaient penser qu’il délirait…

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Un rayon de lumière traversa la grande baie vitrée qui entourait l'appartement de Gang-Du et donnait sur un jardin plein d’oiseaux qui aimaient chanter le matin. Ce rayon atteignit ses yeux. Il fronça les sourcils, moitié grognant, moitié gémissant. Il avait très mal dormi, sans doute ce cauchemar très réaliste sur le nuage toxique, Yvan-Vladimir, la vie sous terre, la mort de Justin… ; qu'importe, il avait autre chose à faire aujourd’hui, et la journée s’annonçait belle ! En regardant son gros chat gris encore assoupi, il se prépara un café qu'il fit beaucoup trop fort par manque d'attention. Il enfila son peignoir, et encore endormi, il alluma la télévision. Le son était mal réglé ; en grimaçant, il chercha des yeux la télécommande. Soudain, son visage se figea, ses yeux s'écarquillèrent. Sans se soucier des coups de balai du voisin du dessous qui râlait à cause du bruit qui émanait de son appartement, il absorbait ces images retransmises, comme une éponge, impuissant.

«Une explosion monumentale suivie d'un dense et immense nuage de gaz radioactif se déplace en direction de la France, l'Espagne et le Royaume-Uni. D'après les premiers calculs des météorologues, le nuage devrait s'amplifier et suivre les courants ascendants pour se déplacer vers les États-Unis. La commission Européenne demande l'état d'urgence. Nous vous conseillons tous de vous cacher avec des réserves de nourriture et d'eau. Cachez-vous sous terre, débrouillez-vous mais surtout, survivez.»

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